3 Jours à San Francisco
Un road trip en Californie avec ma grande sœur et ma nièce
Le quartier hippie
Notre road trip a commencé à San Francisco, ville marquée dans notre imaginaire collectif par le « Summer of love » de 67 et je me suis demandée si « la maison bleue adossée à la colline » existait bel et bien et si les rues sont encore emplies du parfum mythique de « tous les hippies de San Francisco, plein d’amour brûlant dans leurs yeux ».
Pour retrouver cette ambiance, il faut sortir des gratte-ciel du Downtown et se rendre dans le quartier hippie de Haight-Ashbury pour un voyage dans les sixties entre friperies fantastiques, décors fantasques et fresques psychédéliques. Laissons toute pudeur au placard, la géante paire de jambes en résille du piedmont boutique donne le ton : sous les vêtements, les corps s’assument.
Se promener dans le quartier de Haight et ses boutiques arc-en-ciel regorgeant de tenues extravagantes rappelle le mantra « carpe diem ». Mon enfant intérieur a voulu plus d’une fois sortir de son corset d’adulte pour revêtir un costume et faire la fête sous les sunlights (d’Hollywood puisque c’est l’une de nos prochaines destinations). Autant le dire, on se prend vite au jeu des essayages et on s’amuse sous l’objectif.
Pourtant, si on regarde ces fripes sous un œil plus sérieux, on en distingue un témoignage historique car on a un éventail des habits d’une époque révolue. Il y en a pour tous les goûts : robes de bal aux couleurs pastel, aux coupes parfaitement ajustées, enrubannées, froufroutantes pour un look sage ou robes longues à fleurs, chemises bariolées, manteaux fourrés, vestes à carreaux, santiags…
Libre à chacun d’en
acheter quelques uns pour les faire sien et décider ainsi de ramener dans ses
valises un peu de l’âme hippie ressuscitée de San Francisco. Car le vintage est
résolument in ! Certes, il faut assumer mais l’atmosphère de San Francisco
donne le ton!
Bien sûr, il y a sa série de boutiques souvenirs mais ces objets - même s’ils sont à coup sûr produit pour le tourisme – n’évoque pas moins une certaine madeleine de Proust, nous rend à la fois nostalgique et heureux, même pour moi qui suis née dans les années 80. Ce quartier est comme une petite bulle colorée où l’esprit des hippies peut souffler encore.
On se laisse porter par les noms des enseignes : « Bound together. Anarchist collective bookstore » surmonté d’un squelette confortablement installé comme sur un sofa, le « Twisted Thistle Apothicaire », le « oldest smoke shop » qui prône la médecine des champignons.
Ici point d’enseignes lumineuses mais une explosion psychédélique de couleurs et de références aux valeurs hippies.
On salue au passage la maison rouge de Jimi Hendrix, maison peinte ainsi après la mort de l’artiste en clin d’œil à sa chanson « Red House » et la Grateful House Dead. Nous avons raté la maison où habita un temps Janis Joplin mais vous pouvez aussi la trouver dans ce quartier. Attention aucune ne se visite.
Je me suis rendue compte que ce morceau d’histoire entrait en résonance avec notre époque moderne. Au jour d’aujourd’hui, nous avons encore besoin de ce vent libre et contestataire exprimé avec créativité et joie. Cette lutte s’étend au-delà du quartier hippie. Ainsi certaines « painted ladies » vêtissent leurs fenêtres de drapeaux LGBT, de « Black Lives Matter », devant une autre un squelette porte en banderole le message suivant « keep your laws off my body »…
Les Parcs
En nous rendant à Haight, nous sommes passées par Alamo Square qui permet de saluer les plus anciennes painted ladies de San Francisco. Une petite photo de celles-ci avec la vue en arrière plan de la ville baignée dans le frog fait partie des clichés emblématiques.
Que vous soyez rassurés, les painted ladies se nichent tout le long des rues abruptes de San Francisco et le spectacle n’est jamais lassant. Qu’on se le dise, malgré le prix exorbitant des loyers – San Francisco étant la ville la plus chère des Etats-Unis en terme de logement – on fait des plans sur la comète pour devenir riche et habiter une de ces grandes demeures.
Le midi, nous avons pique-niqué dans le Buena Vista Park, le plus ancien jardin public de la ville, se trouve au sommet d’une colline et offre une vue imprenable sur la ville, sur la baie, le Golden Gate et l’océan. J’ai fait connaissance avec des arbres aux troncs et branches noueuses. Je suis tombée en amour de ces arbres dignes d’un film de Tim Burton.
Très fatiguées de notre escapade dans le quartier hippie, nous nous sommes laissées séduire par le Golden Gates Park et son magnifique « Japanease Tea Garden » pour une promenade contemplative se finissant par une tasse de thé et des fortune cookies aux messages inspirants.
Ce passage éclair à San Francisco aurait sans doute mérité plus de temps pour visiter plus et s’imprégner de l’ambiance mais je retiens de la City une alchimie difficile à décrire car si fourmillantes d’aspects : une ville qui a de la classe et de l’originalité entre architectures très urbaines dans le Down Town, les fresques murales qui chantent l’âme libre, contestataire et artistique de la ville, les collines de maisons majestueuses et pittoresques, son cable car (inventé en 1873) qui hisse les voyageurs sur les pentes raides de la ville, ses nombreux panoramas, son grand Chinatown où nous avons mangé la meilleure soupe vietnamienne…
Notons tout de même la célèbre prison d’Alcatraz qui nous emmène dans ses sinistres cellules guidée par les témoignages d’anciens gardiens et prisonniers. Malgré tout, cet endroit est marqué lui aussi par la liberté et je ne fais uniquement référence à l’évasion en 1962 de trois détenus mais surtout à l’occupation d’activistes amérindiens entre le 20 novembre 1969 et le 11 juin 1971 pour s’opposer à la politique américaine d’assimilation et revendiquer leur identité et leur culture au sein de la société. Cette occupation met en lumière les persécutions passées vécues par les amérindiens marquée à Alcatraz par l’emprisonnement de ceux qui refusaient l’assimilation.











